Baptise Leprince Faveraux : du biathlon au freeride

Chez we-ski on pense que c’est intéressant de voir les profils atypiques du freeride français, c’est pourquoi nous avons proposé à Baptiste de faire une interview pour qu’il nous donne sa vision du ski freeride.

Baptiste Leprince Faveraux : Je m’appelle Baptiste Leprince, je fais du ski freeride depuis maintenant cinq ans. A onze ans je me suis inscrit au collège de Villard de Lans en classe sportive parce que mes parents étaient fan de sport et ils avaient vraiment envie que je m’y mette à fond. Ils m’ont inscrit en même temps dans un club de ski de fond et je suis devenu plutôt bon. J’ai pu switcher sur le biathlon et j’ai réussi à aller jusqu’en équipe de France. Malheureusement l’année où je me suis qualifié en équipe de France j’ai eu des douleurs au le genou, et comme c’était à cause de l’usure j’ai dû arrêter le biathlon en compétition. A ce moment-là j’étais dans une période scolaire un peu compliquée et j’avais aussi rencontré une fille, qui est depuis ma copine. Elle m’a ouvert les yeux et j’ai compris qu’on irait bien plus loin tous les deux que moi tout seul sur les hypothétiques coupes du monde sur lesquelles je pensais atterrir. J’ai vu qu’il y avait plus que le sport et j’ai décidé de passer à autre chose. J’ai donc déposé ma démission à la fédération française de ski et j’ai quitté Villard pour aller vivre à Grenoble là où elle vivait aussi…A partir de ce moment-là j’ai recommencé à faire un petit peu de ski alpin.

We-ski : Pour ta reprise d’alpin, tu t’es lancé dans la compétition ?

Baptiste Leprince Faveraux : Non, je m’étais arrêté aux flèches avant de me mettre au ski de fond. J’ai eu l’occasion d’apprendre de bonnes bases d’alpin jusqu’à mes dix ans, mais j’ai vraiment fait une coupure de cinq ans et j’avoue que je les ressens au niveau technique maintenant. Et puis c’est vrai que quand je raconte ça dans le milieu ça fait bizarre.

We-ski : Qu’est-ce qui t’as fait passer au freeride ?

Baptiste Leprince Faveraux : c’est un peu une sortie clé qui m’a fait me dire « Je trouve ce sport vraiment cool ». Déjà avec Auriane ( sa copine ndlr) quand on s’est rencontré on faisait du ski alpin, parce que à la difference du biathlon on avait le même niveau et c’était beaucoup plus marrant a faire ensemble. L’année où j’ai arrêté le biathlon on est allé faire une sortie ski à Saint Pierre De Chartreuse. J’avais du matériel pourri, j’ai sauté une barre et atterrit sur un caillou. Comme je n’avais plus de ski, je me suis dit que c’était le moment d’acheter une paire pour aller dans la poudreuse parce que j’aimais ça. L’année d’après, j’ai acheté une autre paire en réduction et d’années en années j’ai décidé de me mettre à fond dans le freeride. Mais je pense que je me considère freerider que depuis trois ans environ.

We-ski : Selon toi, à quel moment on peut considérer un freerider comme un freerider pro ?

Baptiste Leprince Faveraux : Pour moi devenir freerider c’est avant tout un état d’esprit. Déjà quand tu viens du biathlon et que tu pars dans le freeride tu n’as pas la même mentalité que les autres : sur l’endurance, sur ta façon de te comporter avec la montagne, de te poser, de réfléchir .. c’est un univers très différent. Donc pour moi être un freerider c’est adopter l’esprit freeride dans sa totalité. Mais bien sûr il restera toujours un morceau de biathlète en moi et d’ailleurs ça fait bien rire mes potes parce que forcement il y a des choses que je ne vois pas comme eux.

We-ski : Est-ce que tu peux nous définir l’esprit freeride ?

Baptiste Leprince Faveraux : C’est important de savoir que c’est un sport assez spécial. Il faut d’abord prendre en compte les éléments naturels. L’esprit freeride ça commence en partant de chez soi jusqu’à rentrer de sa sortie ski. Tu vas regarder la météo, tu vas faire attention à la montagne. Tu n’es pas freerider pendant 24h c’est une attitude au quotidien. J’essaie d’avoir mon esprit qui reste toujours un peu sur la montagne, j’essaie de garder un œil sur la montagne, de savoir ce qu’il s’y passe. Et puis il y a surtout l’esprit fun de la sortie avec ses potes, parce qu’on fait surtout ça pour s’amuser.

We-ski : Qu’est-ce qui te plait dans ce sport ?

Baptiste Leprince Faveraux : Comparé au biathlon où tu essaies de dépasser tes capacités physiques, le freeride c’est une recherche de dépassement de soi. Tu testes tes limites au niveau de la peur, de la vitesse et de l’engagement.

We-ski : Selon toi, freeride = ski de rando ?

Baptiste Leprince Faveraux : j’ai commencé le freeride dans une seule station : les Sept Laux. Parce que c’était pas loin de chez moi et je n’avais pas les sous ni le permis pour aller ailleurs. Et comme les gens du coin sont allés de plus en plus en hors-piste, on s’est mis à mettre nos skis sur le sac à dos et a chercher des lignes un peu plus intéressante. En fait je pense que j’ai suivi sans le faire exprès la mode du freerando qui permettait d’aller plus loin dans la montagne. C’est un peu comme le dit Jeremy Heitz dans son film (la liste ndlr), le freerando c’est une évolution logique du sport.

We-ski : C’est quoi ton meilleur spot pour rider ?

Baptiste Leprince Faveraux : Pour moi c’est les Sept Laux parce que je connais la montagne par cœur. Tous les cailloux, si je ne les ai pas sautés, c’est que je sais ce qu’il y a derrière. Mais j’ai également beaucoup aimé le Pic du Midi (Pyrénées), où il y a un gros potentiel. Au final dans toutes les stations où je suis allé, j’ai adoré skier.

We-ski : Quels sont tes objectifs pour cette saison ?

Baptiste Leprince Faveraux : C’est de voyager pour voir d’autres montagnes. Quand tu restes à la maison tu regardes les mêmes lignes des dizaines de fois et ça te permet de gagner de l’expérience mais, ce qui fait réellement progresser c’est d’analyser une nouvelle face que tu ne connais pas. Ensuite, j’essaie de m’entraîner physiquement l’été, ça c’est une chose que je ne faisais pas avant.

We-ski : L’aspect esthétique, l’aspect « filmique » dans le freeride c’est important ?

Baptiste Leprince Faveraux : Oui très. En fait ce que je trouve génial dans le freeride c’est que pour faire une belle image tu n’as pas besoin d’avoir le meilleur rider ni la meilleure caméra. Si tu tombes au bon endroit au bon moment et que tu fais les choses bien tu arrives à faire de belles images facilement. Quand je regarde des vieilles vidéos, je me rends compte qu’au début il y avait des gros défauts dans mes vidéos, notamment techniques et filmer m’a permis de beaucoup progresser. Et puis les vidéos c’est fait pour être diffusé sur les réseaux sociaux et c’est ça qui m’a permis d’avoir les moyens matériels pour obtenir le niveau que j’ai actuellement. Quand on te donne du matériel tu te sens vraiment soutenu et ça motive beaucoup •

une journée ski avec Baptiste ça ressemble à ça : 

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